Février 2013
Danièla Estèbe-Hoursiangou : Parçans esconuts / Territoires cachés
La poésie de Danièle Estèbe-Hoursiangou exprime une expérience primordiale : le contact du corps avec
l'univers, du moi physique avec la matière extérieure, ces deux termes qui définissent notre présence
au monde. Ses poèmes, toujours brefs, font le récit de ces rencontres...
Été 2012
Serge Bec : Oeuvre poétique 1954-1960
La carrière poétique de Serge Bec, né en 1933, s'étale sur plus de cinquante ans, jalonnée de seize
recueils au moins. Elle frappe par sa fidélité à une langue et par sa remarquable unité, sa cohérence
sans fracture. Dans l'élan du surréalisme, elle marque une rupture avec la poésie des félibres.
Les éditions Jorn rééditent ici, en un seul volume, ses quatre premiers recueils, devenus introuvables :
Li Graio negro / Les Corneilles noires (1954), Cants de l'estre fòu / Chants de l'être fou
(1957), Miegterrana / Méditerranée (1957), Memòria de la carn, seguit de Auba / Memoire de
la chair suivi de Aube (1959-1960). Lire la suite...
Avril 2012
Sylvan Chabaud : Leis illas infinidas /Les îles infinies
Toute île est une désirade. Toute île est rêvée, tout rêve est insulaire. Les îles infinies de Sylvan
Chabaud sont autant de poèmes du désir. Désirs multiples, dont le plus immédiat est celui de l'instant
qu'il faut saisir au vol, coûte que coûte, comme on aborde sur une île. L'ici et maintenant est l'île
la plus inaccessible : « Nous passons notre vie / à essayer de la vivre / et nous perdons tant de
temps / à nous perdre / dans le temps... » Tel poème consigne soigneusement la date d'une baignade
en rivière et le recueil se referme sur une plongée dans la mer et le monde. Le désir est aussi
appétit de nature et d'éléments : arbres (un érable, un oranger des Osages), paysages (le Mont
Aigoual, les gorges de la Vis) et bien sûr îles réelles, à commencer par l'île singulière, Sète,
« île échouée, / garrigue noyée, / rêve de flibuste ». Autre objet de fascination pour le poète :
les sites préhistoriques, îles de pierre émergeant du plus lointain passé et marquant la fusion
parfaite de l'homme dans la nature,
La langue, la langue occitane, est l'objet principal du désir, désir de langue qui rassemble tous les autres, comme il réunit les trois poètes invités dans le recueil, Omar Khayyam, Bellaud de la Bellaudière, Jack Kerouac, trois chasseurs de mots et d'instants. Les poèmes de Sylvan Chabaud sont autant de Sporades éparpillées dans l'océan des âges, des concrétions de langue jalonnant nos vies de Petit Poucet, des tentatives de comprendre la part d'éternité que nous renfermons dans le flux du temps qui nous charrie.
Leis illas infinidas /Les îles infinies
de Sylvan Chabaud
86 pages. Prix : 12 €
Décembre 2011
Robert Lafont : Poèmes, 1943-1984
Robert Lafont, disparu en 2009, nous a laissé une oeuvre littéraire, scientifique et politique d'une ampleur inégalée et d'une étonnante intelligence, tout entière vouée au domaine occitan, mais le dépassant largement par son ambition d'universel. C'est par la poésie qu'elle commence en 1946 avec la parution d'un recueil de ton élégiaque, Paraulas au vièlh silenci. Depuis lors, Robert Lafont n'a cessé d'écrire de la poésie jusqu'à ses dernières années. Les éditions Jorn rééditent en un seul volume ses six premiers recueils et les poèmes dispersés en revues, devenus introuvables. Jorn rassemble ainsi la somme poétique complète de l'écrivain, avec les trois autres recueils déjà publiés par lui (voir catalogue).
La poésie de Robert Lafont est le coeur secret d'une quête de parole qui se confond avec sa vie. Parole individuelle qui remonte au paradis de l'enfance, héritée d'un grand père tutélaire. Parole collective qu'il sagit de redonner à un peuple vaincu passé à côté de son destin, pour que, sortant de son « vieux silence », il redevienne sujet d'histoire. Quête de parole que résume le vers emblématique : « Le seul pouvoir celui de dire. »
Elle ne cesse de nous parler de la beauté du monde et de la misère des hommes, comme dans la superbe « Cantate de la misère dans Arles ». Les grands recueils, Dire et Aire liure, interrogent l'histoire et célèbrent « les deux grandeurs de l'homme : sexe et raison ». Sensitive et cérébrale, libre ou soumise à la mesure du vers, cette poésie tente de saisir le monde par le coeur et l'intelligence.
Poèmes, 1943-1984
de Robert Lafont
376 pages. Prix : 24 €
Juillet 2011
Jean-Marie PETIT : Erbari / Herbier
Après Petaçon publié par les éditions Jorn, Jean-Marie Petit nous présente ici un herbier de 52 poèmes-plantes
bien lunés, un
par semaine de l'année. Ce sont autant de fiches botaniques et poétiques, la plupart très brèves, ébauchant un portrait d'arbre,
d'herbe, de fleur, ou évoquant un souvenir, une croyance, une image liée à une plante. On voit ainsi se dessiner une flore doublée
d'une sagesse qui doit beaucoup à la tradition populaire, une végétation familière et fantasque comme les poèmes de l'auteur.
On trouve parmi elles les plantes du jardin, du verger et des champs : grenadier, figuier, amandier, cerisier, vigne et treille,
poireau. Mais on y trouve aussi les mauvaises herbes et les plantes sauvages, qui sont tout simplement des êtres libres : genêt,
laiteron, ronce, houx fragon, liseron, chiendent. L'ethnobotanique rejoint ici la rêverie : on apprend par exemple la formule
incantatoire qui force le hièble, petit frère du sureau, à soigner le ver du foie ou l'effet, conforme à l'étymologie, de l'onoporde
sur nos amis baudets. Chaque poème est une surprise, celle qu'on éprouve à retrouver le sourire d'une fleur que l'on n'attendait
pas ou une scène d'enfance jusque là oubliée. L'herbier de Jean-Marie Petit : une saisie phytopoétique du monde, profondément
humaine, car rien n'est plus humain que ces êtres vivants privés de parole et même de conscience, que nous appelons plantes.
Erbari
Herbier
de Jean-Marie Petit
Version française de l'auteur
Prix : 12 €
Nouveauté
Estève SALENDRES :
Camin descaminat / Chemin égaré
Parution : décembre 2010
Estève Salendres est un poète occitan de la nouvelle génération. Cette langue qu'il a apprise enfant dans
son village cévenol de
Saint-Martial, il l'a mûrie, approfondie et méditée pour en faire non seulement un outil d'expression poétique capable de dire la
vie de chaque jour dans ce qu'elle a de plus humble et donc de plus humain, mais aussi une compagne invisible et la part la plus
secrète de lui-même. Cette langue de l'intime, parfaitement normée pourtant, lui permet d'atteindre le cour des choses qui palpite dans l'instant.
L'écriture est dépouillé, le ton sans illusion, les poèmes brefs, mais la voix a du souffle : « Pâtre sans troupeau, perdu dans l'immensité
des choses, homme sans foi, poète sans mot. À cheminer ici timoré, affamé de vie et d'espoirs, homme heureux d'être vivant assis sur
la muraille des jours, chercheur de vérité et étrangleur de vertu... » Ainsi esquisse-t-il dans le poème liminaire un autoportrait
universel. Nous sommes uniques et interchangeables, tragiques et dérisoires, condamnés à l'espoir par les enfants que nous faisons.
Au fil des mots, le long de ce chemin égaré, on rencontre « les frontières sans clôture d'un pays oublié, le souffle las d'une voix
sans écho, petit fragment de temps étranglé... » Le chemin s'égare pour nous introduire dans un pays d'enfance où se reflète et
s'enchante notre impitoyable réalité.
Camin descaminat
Chemin égaré
de Estève Salendres
Version française de JF.Brun
Prix : 11 €
Avril 2010
Pierre Bec : Liturgia pagana / Liturgie païenne
Liturgia pagana propose une soixantaine de poèmes de formes et de thèmes variés, mais familiers au poète. Les deux premières parties relèvent de
l'exercice poétique, qui n'exclut pas l'inspiration, mais la structure et la libère par les contraintes formelles.
La troisième partie, la plus importante, Litanias deu silenci / Litanies du silence, propose des poèmes de forme plus libre,
d'inspiration plus spontanée, mais toujours placés sous le signe de la liturgie profane, comme si le poète avait besoin de s'inscrire
dans un office religieux "profané" qui lui serve de cadre et donne aux destinées dont il évoque des bribes (la sienne en premier lieu),
sinon un sens sacré, sinon une dimension transcendante, du moins un certain ton tragique et serein.
Pierre Bec arrive ainsi à concilier, grâce à sa maîtrise formelle, une immense culture et le sentiment bouleversant du passage du temps,
un thème qui lui est familier depuis son premier recueil Au briu de l'estona.
Bon de commande
Présentation de l'ouvrage
En savoir plus sur Pierre Bec
Vient de paraître : décembre 2009
Jean-Yves Casanova : ...Enfra lei trèus... (limbs)
... traversée des brumes... (limbes)
Titre énigmatique, part visible d'un continu indistinct, immatériel ou fluide. Le sous-titre donne la clé : limbes, région incertaine et sans contours, hantée par les ombres des morts sans sépulture ou sans baptême, âmes errant dans la brume d'un entremonde.
Le sujet-objet, masculin dans la première partie, féminin dans la seconde, toujours anonyme, renvoie aux deux grands absents : le père et la mère. Recueils de 50 thrènes de dix vers. Rigueur d'une structure régulière contrastant avec l'absence de forme de l'espace évoqué et avec la fluidité de l'écriture. Le poème est un fragment arbitrairement découpé dans l'informe ou le continu.
Tentative d'exprimer le statut des défunts qui ne vivent plus que dans la mémoire de quelques rares vivants : leurs vains efforts pour revenir
à la vie, s'épaissir, prendre corps, ne sont que les efforts de ces vivants essayant de leur donner matière ou présence par le souvenir.
Méditation sur la mémoire, sur les images et les mots, sur leur pouvoir et leur impuissance. Sur l'échec de la parole, pourtant indispensable,
sur la frustration de l'absence, sur notre condition tragique de vivants, à peine plus tangibles et solides que les morts, sur l'incurable enfance.
Hommage pudique au père et à la mère, sans aucun sentimentalisme. Écriture qui prend le fluide comme forme et fond, sans rien qui pèse ou qui
pose. Après la mer des recueils précédents, la brume... Un pas de plus vers le néant.
Présentation de l'ouvrage en présence de l'auteur le 21 janvier 2010 à 18 heures, salle Pétrarque à Montpellier, dans le cadre des rencontres de la librairie Sauramps, et à l'occasion de la sortie du numéro spécial sur la poésie occitane de la revue "Triage". Présentation de Jean-Claude Forêt et James Sacré
Nouvelle parution, mars 2009 :
Jean-Frédéric Brun : Legendari de las despartidas
Légendaire des départs
Jean-Frédéric Brun est connu pour ses romans et nouvelles (Septembrales, Lo Temps clar de las Encantadas) et pour le récit de sa descente aux enfers
après l'accident de cheval qui faillit lui coûter la vie (Luònh). Médecin hospitalier à Montpellier, il est également le président de l'association
Amistats Max Rouquette et depuis peu celui du Pen Club de Langue d'oc (section du Pen Club International).
Le poète Brun n'avait publié qu'un seul recueil, Été et sécheresse, voilà exactement 30 ans, mais il n'avait cessé d'écrire. Légendaire des départs rassemble les suites poétiques les plus importantes écrites depuis le premier et unique volume. Deux inspiration s'y mêlent : d'une part la même passion inchangée et viscérale pour la garrigue et de l'autre la fine amour dans la tradition de la lyrique occitane du Moyen Âge, avec ses deux caractères, accomplissement de soi dans l'amour inaccompli et rigueur formelle. Le poète s'inscrit dans la tradition du trobar clus, avec son goût du poème obscur impeccablement rimé, surtout avec sa prédilection pour le sonnet en décasyllabes de la poésie classique italienne. Dans L'éclaboussure des heures, se marient l'inspiration naturelle et amoureuse dans le sens de la nostalgie et du renoncement. Belle minéralité, Degrés de pierre tintante, Futaies sommitales sont des méditation poétiques où la sécheresse minérale peut figurer l'ascèse sentimentale et qui font songer à la pensée d'Héraclite par la forme brève des sentences.
Le poète ayant voulu éviter « le face à face mortifère de l'occitan et du français », nous proposons une édition trilingue, incorporant aussi l'anglais à cet énigmatique et fascinant Légendaire des départs.
Réédition de D'aicí mil ans de lutz
Poèmes de Max Rouquette
Dans le cadre du centenaire de la naissance de Max Rouquette, les éditions Jorn rééditent ce recueil majeur, paru en 1995 et épuisé depuis
plusieurs années
En savoir plus sur cet ouvrage